Suite à l’article Bilan de 6 mois de Freelance, j’ai été appelé à témoigner autour de 5 questions sur les débuts de l’activité indépendante. Ces écrits m’ont permis de bien synthétiser les côtés agréables ou pas d’une activité freelance. Et j’en discutais encore hier — certaines personnes de mon entourage voyaient un côté négatif dont je n’avais pas encore fait allusion : le statut de freelance implique forcément un travail « en solitaire ». Il faut savoir être indépendant dans son travail, avoir un sens de l’organisation ainsi qu’une certaine polyvalence afin de pouvoir conseiller au mieux les clients.
Interview réalisée par Delphine Favory, Entreprise Facile, le lundi 11 février 2008
1/ Comment vous est venue l’envie d’entreprendre et de créer votre société ? En quelques mots, quel est le concept de votre entreprise ?
L’envie d’entreprendre est venue assez rapidement après deux années de travail en agence web. Je voyais beaucoup de jeunes créer leur société. Mais j’ai dû attendre près de 9 ans d’expérience avant de me lancer. La motivation est due en grande partie à l’indépendance qu’elle permet, la liberté de mouvement et le fait de pouvoir travailler sur de gros projets en collaboration avec d’autres professionnels.
Mon activité se résume par la création de sites ou d’applications internet à forte valeur ajoutée. Je travaille également sur l’accessibilité et les nouvelles normes liées au développement. En amont du projet, je m’efforce de conseiller au mieux mes clients afin de leur donner les moyens pour une stratégie internet efficace.
2/ Pourquoi avoir choisi le statut de freelance ? Quels avantages et quels inconvénients en avez-vous perçu ?
Le statut de freelance donne la possibilité de travailler sur des projets innovants, d’être constamment confronté à de nouvelles problématiques à résoudre. On découvre toujours de nouveaux univers et c’est très motivant pour les personnes comme moi qui n’aiment pas tourner en rond. Les inconvénients sont le paiement des factures, la gestion du temps et une certaine pression. En effet contrairement au salaire qui tombe à date fixe, la facturation sur des projets peut s’étendre sur plusieurs mois. Enfin certains clients peuvent exercer une pression, car le statut de freelance donne l’impression aux clients d’une flexibilité maximale — et cette flexibilité nous fait travailler les soirées et les week-ends.
3/ Après 6 mois d’activité, quel est votre premier bilan ?
Le bilan des 6 mois est plutôt positif, j’apprends tous les jours de nouvelles façons de mieux m’organiser afin d’être encore plus productif. Je reste très satisfait de la tournure des événements, je crois que je n’ai jamais eu autant d’opportunités de travailler sur des projets qui me tiennent à cœur. Je m’efforce de terminer les projets assez rapidement, en revanche j’ai l’impression que plus on réalise vite plus on nous en demande.
4/ Quelles sont actuellement vos principales préoccupations et vos projets dans le cadre du développement de votre entreprise ?
Quand on travaille sur le web, on se rend compte que toutes les branches sont remplies de spécialistes. Je pense que l’orientation que je vais prendre pour l’année 2008 sera une spécialisation sur les applications web — en d’autres termes répondre à des problématiques spécifiques à l’aide d’applications internet (widget, RIA, RDA…).
5/ Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées dans le cadre du lancement de votre activité ? Comment les avez-vous résolues ?
J’ai longuement réfléchi à l’idée de me lancer, donc j’avais mis de l’argent de côté pour pouvoir assurer les dépenses mensuelles. Après j’avais commencé mon activité bien avant de m’inscrire à l’URSSAF (quand j’étais encore salarié), ce qui donne un bon élan pour le départ.
6/ Quels conseils donneriez-vous à un créateur qui souhaite lancer son activité ?
Bien réfléchir avant de se lancer. On n’a pas idée de tout ce que cela implique. Il faut bien voir tous les côtés avant de se décider, pour mettre toutes les chances de son côté. Mais surtout pour que les gens qui vous rencontrent ne ressentent aucune hésitation de votre part. Je pense qu’il faut être confiant de ses qualités et transparent avec soi-même et les clients pour éviter de se retrouver sur un projet hasardeux.
Si je devais donner un seul conseil à un futur entrepreneur : une idée novatrice, des collaborateurs fiables et compétents et un bon comptable sont les clés d’un bon départ. Après ce n’est que du travail, mais quand on aime on ne compte pas.